Semaine Sainte

De OrthodoxWiki
Aller à : navigation, rechercher
LinkFA-star.png Cette page est proposée comme un article de qualité du projet. C'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration. Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion.


Un fidèle se prosterne devant la Croix lors du service des Douze Évangiles de la Passion du Christ, à l’église de Notre Dame de Cambridge, Massachusetts.

La Semaine Sainte est la semaine qui, à la conclusion du Grand Carême, suit le Samedi de Lazare, jusqu'à la célébration des Pâques.

Histoire

La célébration de la Semaine Sainte remonte aux premiers temps de l’Église primitive. Au IVe siècle, elle avait déjà trouvé sa forme, assez proche, semble-t-il, de celle que nous connaissons aujourd'hui. De son pèlerinage à Jérusalem à la fin du IVe siècle, Égérie fait le récit du déroulement de la semaine suivant les offices de la résurrection de Lazare, « ...la semaine de Pâques, qu'ils appellent ici, Semaine Sainte », notant la procession qui commémore l'entrée triomphale du Christ à Jérusalem le premier jour de la semaine. C'est pendant cette semaine que nous nous remémorons la Passion du Christ et Sa Crucifixion.

La Semaine Sainte

Le samedi de Lazare met fin au Grand Carême. Cette célébration commémore le réveil d'entre les morts de Lazare et la promesse de la résurrection universelle pour tous. Le samedi de Lazare est un pont vers la Semaine Sainte durant laquelle l’Église se remémore les derniers jours du Christ avant Sa Crucifixion et Sa Résurrection, Sa Passion. Pendant cette semaine, les Matines du jour sont célébrées la veille, et les Vêpres le matin même. Cette anticipation des offices donne au fidèle l'impression que le monde est en labeur, sens dessus-dessous, à cause de la Passion que notre Seigneur a endurée pour notre salut. Bien que cette pratique soit inhabituelle pour les contemporains, elle est canonique et correspond à la définition biblique selon laquelle le jour commence au coucher du soleil.
Icône de l'Entrée de notre Seigneur à Jérusalem.
Christ l'Époux.

Le dimanche des Rameaux

Le premier jour de la Semaine Sainte commence avec les Vêpres du samedi soir qui conduisent le lendemain matin, dimanche, à la célébration de "l'Entrée de notre Seigneur à Jérusalem", appelée en Occident le Dimanche des Rameaux. Alors que le Christ fait son entrée triomphale à Jérusalem, Son royaume sur terre est proclamé sous les rameaux (les branches de palmiers).

Lundi Saint

Les premiers trois jours de la Semaine Sainte nous rappellent les dernières instructions du Christ à ses disciples. On rappelle ces enseignements durant la célébration des offices des Grandes Complies, des Matines, des Heures, et de la Liturgie. La Liturgie des Dons Présanctifiés célébrée pendant ces jours comprend des lectures tirées de l'Exode, de Job, et de Matthieu.

Les offices des Matines célébrés les soirs du dimanche des Rameaux, du Lundi Saint et du Mardi Saint anticipent les événements du jour suivant et partagent un même thème. Ces offices de l’Époux découlent de la parabole des dix Vierges, qui demande que l'on se prépare pour le Second Avènement, car « le voleur vient au milieu de la nuit » (Matt. 26,1-13).

Le Synaxaire de l’Église rappelle que le Lundi Saint on commémore le juste Joseph (le patriarche de l’Ancien Testament) et l’histoire du figuier sans fruits.

L’Évangile de la Liturgie du Lundi Saint (Matthieu 21, 18-46) nous rappelle le sort du figuier dont le Christ est allé chercher les figues. N’y ayant pas trouvé de fruits, le Christ déclare que cet arbre n’en donnera plus jamais : immédiatement, l’arbre est asséché. L’histoire est considérée comme une figuration du jour du Jugement.

Mercredi Saint

Au cours des deux derniers siècles, la pratique byzantine a évolué dans la direction de l’inclusion de l’Onction des malades, célébrée le Mercredi Saint, en rappelant ainsi l’onction du Christ avec de la myrrhe en Béthanie. Avant de conclure le service, le prêtre oint les fidèles avec de l’huile bénie. Cette pratique se retrouve également en dehors des juridictions d’origine byzantine, comme par exemple dans certaines parts de l’OCA.

Les services que le Typikon établit pour le soir du Mercredi Saint rappellent que c’est en ce jour que le Christ a été trahi par Judas. C’est en souvenir de ce même moment que, depuis l’ère apostolique, l’Église a institué le mercredi, ainsi que le vendredi (jour de la Crucifixion et Passion du Christ) comme journées de jeûne hebdomadaire au long de l’année. Le service du Mercredi Saint développe également le thème de la Cène Mystique, célébrée dans la liturgie du jour prochain.

Cène Mystique.

Jeudi Saint

Le Jeudi Saint débute avec la célébration des Vêpres et de la Liturgie de Saint Basile. Ce jour-là, un Agneau eucharistique de plus est consacré, en rappelant la présence du Christ sur terre lors de la Dernière Cène ; il servira par la suite à la communion des malades au cours de l’année. Le soir, en anticipation des Matines du Vendredi Saint, le service de la Passion du Christ est célébré, avec la lecture des Douze Évangiles. Ces lectures nous rappellent les dernières instructions du Christ à Ses disciples, ainsi que la prophétie du drame de la Croix, la prière du Christ et son nouveau commandement. Les douze lectures sont :

Crucifixion.

Vendredi Saint

Le Grand Vendredi Saint débute avec la lecture des Heures Royales qui nous portent aux Vêpres de l’après-midi, lorsqu’on célèbre la déposition du corps du Christ de la Croix. Le prêtre dépose le Corps du Christ, l’Épitaphios de la Croix, il L’enveloppe dans un tissu blanc et le reporte, en procession, dans l’autel. Dans une célébration vespérale, appelée le service de la Lamentation au Tombeau, le prêtre sort l’Épitaphios, l’image du Christ mort peinte ou brodée sur une nappe, de l’autel et le porte en procession autour de l’Église, avant de le placer dans le Sépulcre, un catafalque qui symbolise le Tombeau du Christ. Cette procession, durant laquelle les fidèles portent des chandelles allumées, représente la descente du Christ aux Enfers.

Épitaphios.

Samedi Saint

Le Grand Samedi Saint on célèbre les Vêpres et la Divine Liturgie de Saint Basile, ponctués de lectures des Psaumes et d’hymnes de la Résurrection qui parlent de la descente du Christ aux Enfers, célébrés comme la "Première Résurrection" d’Adam et la victoire sur la mort. Le Typikon établit ce service pour l’après-midi, mais il est souvent célébré le matin.

Ce service provient de l’ancienne tradition liturgique de l’Église de Constantinople : il était son premier service pascal. L’hymne « Relève-Toi, Seigneur », tiré des Psaumes (Exsurge, Domine) était, à l’origine, le premier hymne pascal avant que Le Christ est ressuscité… (Hristos anesti…) ne le remplace. Sa place dans l’ancienne célébration pascale constantinopolitaine est celle qui donne à ce service ce caractère résurrectionnel, tellement lumineux.

Pâques : la Fête de la Résurrection

Résurrection du Christ.

Les célébrations de Pâques, la Fête des Fêtes, débutent juste après minuit, lorsqu’on chante les Odes de la Lamentation ; les Vêpres de la Résurrection commencent avec l’église toute dans le noir. À l’approche de minuit, le prêtre allume un cierge de la chandelle de l’autel, cierge qu’il offre par la suite aux fidèles pour allumer les leurs, en chantant : « Approchez et recevez la lumière de la vie éternelle [unwaning life] et glorifiez le Christ, qui est resurgi des morts ! » Puis, le prêtre conduit la procession des fidèles qui sortent de l’église. Après avoir fait le tour de l’église soit une fois, soit trois fois, lorsque la procession approche de la porte d’entrée de l’église, le prêtre dirige les fidèles dans l’intonation de l’hymne de la Résurrection : « Le Christ est ressuscité des morts. Par la mort, il a vaincu la mort. À ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie ! » À ce moment, le prêtre et les fidèles rentrent dans l’église bien éclairée pour le reste des vêpres et pour mettre fin au carême par la Divine Liturgie. Après la fin de la Liturgie, dans maintes communautés, les fidèles se retirent pour une « agape », un déjeuner en commun pour marquer la fin du Carême. Par la suite, chacun rentre à la maison à l’aube. Plus tard dans la journée de Pâques, les fidèles se réunissent encore une fois pour prier, les cierges allumés, durant un service vespéral, en chantant l’hymne de la Résurrection : « Le Christ est ressuscité », en se saluant joyeusement avec : « Le Christ est ressuscité ! » à quoi on répond : « En vérité, Il est ressuscité ! »

Coutumes locales

Jérusalem

  • Le matin du Samedi Saint, le Patriarche orthodoxe brise le sceau de la porte du tombeau du Christ dans l’Église du Saint Sépulcre et y émerge peu de temps après avec la Sainte Lumière, qui s’allume chaque année sans intervention humaine lorsque le Patriarche orthodoxe célèbre le service pascal.

Grèce

  • On peint des œufs en rouge.
  • On prépare des gâteaux appelés "Koulouria".
  • La Sainte Lumière est apportée de Jérusalem par avion, accompagnée par des membres du haut clergé et des représentants du gouvernement hellène jusqu’à l’aéroport d’Athènes. La Sainte Lumière est reçue par une garde d’honneur et elle est portée jusqu’à la petite église des Saints Docteurs (Agioi Anargyroi), place Plaka.
  • Le Dimanche de Pâques, partout en Grèce, il y a des célébrations festives. Par tradition, on fait rôtir des agneaux (symbole du Christ) et la famille et les amis se réunissent pour manger, boire, parler et danser.

Dans certaines localités, la célébration est communautaire. Par exemple :

    • À Arachova, on fait rôtir des rangées d’agneaux sur la place principale du village.
    • Sur certaines îles, la ville tue symboliquement "Judas".

Sources

Liens externes