Séraphin de Sarov

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St. Séraphin de Sarov

Séraphin (ou "Séraphim") de Sarov (en russe : Серафим Саровский) est un des saints russes les plus connus et les plus populaires parmi les orthodoxes.

Sommaire

Biographie

Né le 19 juillet 1759, fils d'un briquetier entrepreneur en bâtiment de Koursk (500 km au sud de Moscou), Prokhore Mochnine (Прохор Мошнин) entre comme novice au monastère de Sarov (350 km à l'est de Moscou) à 19 ans, et reçoit, huit ans plus tard, avec son habit de moine, un nouveau nom : Séraphim (ce qui signifie "Flamboyant", en hébreu). Ordonné diacre, puis prêtre, il obtint de l'higoumène de son monastère, en 1890, la permission de se retirer en ermite, dans la forêt.

Il vécut ainsi, partageant sa vie entre son ermitage et le monastère de Sarov, une ascèse rigoureuse, faite de jeûne, de solitude d'humilité et de prière, avec comme objectif permanent de se "rapprocher de Christ". Ses lectures étaient la Bible (il lisait le Nouveau Testament en entier chaque semaine), ainsi que les écrits des Pères de l'Église.

Dans son immense désir de tout rapporter à Jésus, il avait donné aux environs de son ermitage des noms bibliques. À "Nazareth", il chantait les hymnes "Acathistes" à la Vierge ; récitait les offices de sexte et none au "Golgotha" ; lisait l'évangile de la Transfiguration au "Mont Thabor", et entonnait à "Bethléem" le "Gloire à Dieu au plus haut des cieux".

Il vécut même, pendant un temps, la vie des stylites. Ainsi, durant mille jours et nuits, il passait des heures sur un rocher, à prier. Cependant, comme lui-même le faisait remarquait à un novice qui l'en louait, en comparaison de Syméon l'Ancien, c'était peu de temps.

Un événement, qui faillit lui coûter la vie, illustre bien le caractère du "misérable Séraphim" (ainsi qu'il se définissait lui-même) :

En septembre 1804, il fut agressé à son ermitage par trois "brigands" (issus d'un village voisin) qui voulaient le voler (lui qui ne possédait rien !). N'ayant rien trouvé, ils le battirent et le laissèrent pour mort, avec une fracture du crâne, et plusieurs côtes cassées.

Plus tard, les "brigands" ayant été retrouvés, le père Séraphim, qui avait été ramené au monastère, s'opposa formellement à ce qu'ils soient châtiés : il avait pardonné. Néanmoins, après cet incident, son higoumène ne l'autorisa plus à retourner à son ermitage, et c'est dans le monastère de Sarov qu'il vécut les années suivantes.

Même s'il recevait parfois quelques visites, comme tout moine et tout ermite, ce n'est qu'à partir de 1822 (il avait alors 63 ans) que sa renommée se répandit. Il fut alors continuellement assailli de visiteurs : fermière du voisinage, militaire, moine, pèlerin, prince, prêtre, femme du monde, haut dignitaire de l'Église, commerçant, tous venaient, par centaines, et se pressaient autour de lui, pour le questionner, pour l'entendre, pour le voir.

Et que voyaient-ils ? Un petit vieux, "tout blanc, tout ratatiné, tout sec" aux yeux bleus et au sourire "incompréhensiblement radieux". Un petit vieux qui recevait chaque visiteur par ces mots "Bonjour, ma joie", et encore "Christ est ressuscité !"

Et son accueil, sa sagesse, sa "clairvoyance" (n'accueillait-il pas certaines personnes par ces mots : "je sais, je sais", les faisant passer devant tout le monde, leur prodiguant conseils et consolation avant même qu'ils aient dit qui ils étaient ou pourquoi ils venaient ?) apportaient encouragement, relèvement à tous ces visiteurs parfois un peu trop pressants.

Cependant, son empathie (on disait alors : "don de préconnaissance") et ses conseils n'étaient pas les seules causes de la popularité du Père Séraphim : beaucoup de malades venaient le voir et obtenaient par ses prières des guérisons dont les plus spectaculaires furent celles de Mikhaïl Mantourov (qui permit plus tard la création du couvent féminin de Divéyévo), et de Nikolaï Motovilov (avec qui il eut un long entretien qui, ayant été consigné, est considéré comme un des sommets de la spiritualité orthodoxe).

Malgré les tracasseries que lui infligeait parfois sa hiérarchie (avait-on déjà vu un moine aussi "indiscipliné" ?), il put, grâce à Mikhaïl Mantourov, fonder une communauté monastique de femmes à Divéyévo, à quelques kilomètres du monastère de Sarov.

Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1833, quoique l'on fût dans le "temps de Noël", on l'entendit chanter les hymnes de Pâques, notamment le tropaire de la Résurrection [1].

Ce furent ses dernières paroles. Il fut trouvé au petit matin dans sa cellule, agenouillé devant une icône de la Theotokos comme en prière, mort.

Canonisation

Le 19 juillet 1903, 70 ans après sa mort, prenant acte de la vénération dont le starets Séraphim était l'objet, "persuadé de l'authenticité des miracles attribués aux prières du starets Séraphim, et rendant grâce à Dieu glorifié dans ses saints" le Saint Synode procéda à sa canonisation.

En présence du Tsar Nicolas II, d'un clergé abondant et d'une foule immense eut lieu l'office de canonisation au cours duquel on chanta le tropaire composé en l'honneur du "nouveau saint" [2]. Durant la nuit qui suivit, la foule resta sur place, à prier, puis, contrairement à l'usage, les hymnes de Pâques furent entonnées.

Il devint un des saints les plus populaires de l'Église russe.

Il est fêté le 2 janvier, ainsi que le 19 juillet.

Plusieurs paroisses de l'émigration russe se sont placées sous le patronage de saint Séraphim. Ainsi y en a-t-il, en France, une à Paris et une autre à Chelles (77)

Sa spiritualité

La spiritualité de Séraphim, très ancrée dans la Bible et la tradition orthodoxe (en particulier la Philocalie) s'exprime en particulier dans son "Entretien avec Motovilov" ainsi que dans les "Instructions spirituelles" qui ont été rassemblées par les moniales de Divéyevo.

Sa vision prophétique

Homme de prière, profondément spirituel, le père Séraphim voyait "au-delà des apparences". Il est à ce titre (et à d'autres) à rapprocher de son contemporain français, le prêtre catholique Jean-Marie Vianney.

Outre de nombreuses paroles "personnelles" qu'il prodigua à ses innombrables visiteurs, on rapporte (mais il s'agit d'"ouï-dires") qu'il annonça des temps de trouble survenant après une grande joie ("En plein été, on chantera Pâques", mais "cette joie sera de courte durée", "La vie sera courte, alors, les anges auront à peine le temps de ramasser les âmes...") que l'on a identifié, après coup, avec la Révolution russe survenant quelques années après la canonisation de saint Séraphim, suivie du coup d'État bolchévik puis de la grande terreur et du stalinisme. Il aurait fait aussi des prophéties sur l'avenir de la France, qui, "pour son amour pour la Mère de Dieu, la sainte Notre Dame, sera donnée aux 17 millions de Français, avec sa capitale dans la ville de Reims, pendant que Paris sera tout détruit."[3]

Documents en lien externe

Sources

  • Seraphim de Sarov, Sa vie, par Irina GORAINOFF, DDB éd.
  • fr.wikipedia.org

Notes

  1. Un tropaire est une hymne de la liturgie orthodoxe. Le tropaire de la Résurrection est chanté à de nombreuses reprises durant la nuit de Pâques, ainsi que durant le temps qui va de Pâques à la Pentecôte.
  2. Voici le tropaire à St Séraphim : "Tu as aimé le Christ dès ta jeunesse ; Et tu fus enflammé du désir de le servir, Lui seul ; Tu as vécu dans la solitude ; T'adonnant au travail et à la prière incessante. Par ta tendresse et ta douceur, tu as acquis l'amour du Christ ; Et tu as été l'élu de la Mère de Dieu. Par tes prières conduis-nous au salut Bienheureux Père Séraphim"
  3. The Book of The End - An Interpretation of the Apocalypse of St. John the Theologian, par Vladimir Moss.
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